jeudi 27 octobre 2022

Écologie : "Un Français vit comme s'il avait 600 esclaves à sa disposition

 

 Apolline de Malherbe reçoit Jean Marc Jancovici sur BFM TV (10/03/2022)

https://youtu.be/ak8Hn3d8DcQ


 

 

Philippe Vandel fait le point sur un sujet de l'actualité média avec un invité. Aujourd'hui, Jean-Marc Jancovici, ingénieur, pour parler d'écologie dans les médias, durée 18 minutes.

https://youtu.be/JyZA2YN2wIk

 






vendredi 23 septembre 2022

Ordres aux préfets. Accélération de l’éolien terrestre


 


   

Dans  une circulaire, datée du 16 septembre,  court-circuitant les députés et les sénateurs,  quatre ministres,  dont Agnès Pannier-Runacher et Christophe Béchu  ordonnent aux préfets de « mettre en place toutes les actions requises » pour accélérer l’instruction des dossiers en cours concernant l’éolien terrestre ce qui représente plusieurs milliers de machines.                   

En des termes à la limite de la menace, ils exigent qu’aucune instruction n’excède vingt-quatre mois.   

Dans chaque département et région, les préfets sont invités à transmettre à l’exécutif,« sous deux mois, puis tous les trois mois », plusieurs informations, dont la liste des projets en cours d’instruction depuis plus d’un an et une « analyse sur le délai de la procédure  au cas par cas », assortie de propositions pour réduire la durée d’instruction.            

Il leur est également ordonné  de " délivrer sans délais" les autorisations accordées en application d’une décision de justice ».        
             
Visant les maires ruraux de très nombreuses régions qui ne veulent plus d'eoliennes, lls appellent  enfin à la « plus grande vigilance » des préfets à l’égard de « certains documents d’urbanisme qui introduisent des interdictions générales et absolues d’implantation de projets renouvelables, notamment de parcs éoliens ». Ceux-ci devront faire l’objet d’un « contrôle de légalité attentif.      

Le  gouvernement, se veut par ailleurs « informateur, sensibilisateur et facilitateur face à un discours anti-ENR parfois virulent »

 

Circulaire aux préfets:

https://cmeol.info/cmeol/index.php?option=com_acymailing&ctrl=url&subid=131242&urlid=5320&mailid=185

lundi 5 septembre 2022

Le nucléaire, du déni à la procrastination: une relance qui tarde !


Procrastination: Tendance à remettre au lendemain ce que l’on doit faire, par paresse, négligence, manque d’intérêt, etc...

 

(communiqué de « Sauvons Le Climat », Président Eric Maucort,  19 août 2022)

   La presse a abondamment communiqué depuis quelques jours sur le redémarrage de la centrale au charbon Émile Huchet de Saint-Avold, dont les 600 MW de puissance constitueront un apport insuffisant mais très précieux pour passer les pointes de consommation d’électricité l’hiver prochain. C’est une mauvaise solution sous l’angle du réchauffement climatique, la production d’électricité à partir de charbon émettant environ 1 kg de CO2 pour chaque kWh d’électricité produite. Mais le gouvernement a fait le choix politique de privilégier l’alimentation en électricité du pays.

     Rappelons que la centrale de Fessenheim arrêtée en 2020 pour des raisons politiciennes disposait de 1 800 MW de puissance et n’émettait que 4 g de CO2 par kWh produit. Elle apportait donc 3 fois plus de puissance et émettait 250 fois moins de CO2 par kWh que la centrale de Saint-Avold que l’on s’apprête à redémarrer en catastrophe actuellement. Cerise sur le gâteau, si l’on peut dire : elle était en parfait état de marche, reconnue par l'Autorité de Sûreté Nucléaire pour son excellent niveau de sûreté et n’était en particulier pas atteinte par le phénomène de corrosion qui affecte certains réacteurs plus récents, obligeant à des réparations.

     Il est bon d’avoir une vision historique, fût-elle très récente : le 22 février 2020, un «collectif» de ministres, secrétaires d’État et parlementaires publiait une tribune intitulée :

 « La fermeture de la centrale de Fessenheim marque une étape historique »

     On peut notamment y lire :

 « La mise à l’arrêt de la centrale de Fessenheim incarne l’écologie de responsabilité que nous portons. »

 « Tenir nos promesses, nous le faisons ce 22 février en arrêtant - comme s’y était engagé le candidat Emmanuel Macron - le premier réacteur de la centrale nucléaire de Fessenheim, suivi du second réacteur le 30 juin. C’est un événement historique. Ce sera la première fois que des réacteurs de seconde génération seront fermés, un demi-siècle après le début de la construction du parc nucléaire français. »

 « Cette accélération couplée à la maîtrise de nos consommations énergétiques, notamment par la rénovation des bâtiments, permettra de compenser la mise à l’arrêt progressive des quatre dernières centrales à charbon et de quatorze des cinquante-huit réacteurs nucléaires, sans mise en cause de la sécurité d’approvisionnement ».

Parmi les signataires de ces autoglorifications satisfaites mais totalement déconnectées des réalités physiques et délétères pour le climat et la sécurité d’alimentation du pays, on trouve notamment :

  • Élisabeth Borne, ministre de la transition écologique et solidaire, actuellement première ministre ;

  • Pascal Canfin, président de la commission Environnement du Parlement européen, toujours en poste à Bruxelles ;

  • Sébastien Lecornu, ministre auprès de la ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales, chargé des collectivités territoriales, actuellement ministre des armées ;

  • Barbara Pompili, présidente de la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire de l’Assemblée nationale, ensuite nommée ministre de la Transition écologique en juillet 2020, actuellement redevenue députée ;

  • Emmanuelle Wargon, secrétaire d’État auprès de la ministre de la transition écologique et solidaire, battue aux dernières élections législatives, qui vient, malgré les réticences parlementaires (43 voix pour, 48 voix contre) d’être nommée à la présidence de la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE).

Comme chacun sait, « Gouverner, c’est prévoir ». On saluera donc ici les exceptionnelles qualités de prévoyance de ces personnalités qui occupent ou pourraient occuper à nouveau des postes éminents dans la gouvernance du pays, notamment en matière énergétique. Ce n'est pourtant pas faute, pour Sauvons le Climat et pour bien d'autres, d'avoir alerté sur les risques de décisions qui oublient les réalités scientifiques et techniques, pour ne retenir que les visions idéologiques et politiciennes.

Plusieurs des personnalités précitées ayant à nouveau la charge de l’énergie, secteur stratégique s’il en est, une question majeure se pose : ont-elles tiré toutes les leçons de leurs errements passés ? Plus précisément, ont-elles enfin compris :

 

  • Qu’un socle de production nucléaire majoritaire dans la production d’électricité est indispensable et irremplaçable pour : atteindre la neutralité carbone en 2050, objectif majeur s’il en est ; le faire en disposant de suffisamment d’électricité pour que la France reste un pays développé et ne sombre pas dans la précarité énergétique ; conserver une électricité disponible à la demande à un coût compétitif pour tous les consommateurs, particuliers et professionnels, y compris les électro-intensifs, condition indispensable d’une renaissance industrielle ;

  • Que le nucléaire n’est donc pas « une énergie de transition » mais bel et bien une énergie d’avenir, les énergies éolienne et photovoltaïque étant non seulement intermittentes, mais n’ayant aucune chance, en dépit de progrès d’efficacité énergétique et de raisonnables efforts de sobriété comportementale, tous deux indispensables par ailleurs, de pouvoir satisfaire à elles seules les besoins d’un pays de la taille de la France : il est temps d’abandonner cette illusion ;

  • Qu’après une décennie de dénigrement idéologique et politique de cette énergie, il est impératif de lui redonner une image d’avenir positive et réaliste auprès des jeunes générations de chercheurs, d’ingénieurs, de techniciens et de compagnons, ce qui pour ces derniers passe par la réhabilitation des métiers manuels, qui font appel à des formes d’intelligence différentes, non inférieures à bien d’autres, en dépit de préjugés très français qui valorisent systématiquement le scribe par rapport à l’artisan. Tout cela est indispensable pour attirer ces jeunes générations dans ce secteur industriel très demandeur de compétences, notamment dans la perspective de la construction de nouveaux réacteurs dans les décennies à venir ;

  • Qu’une politique nucléaire s’inscrit dans le temps très long et est incompatible avec des « stop & go » dévastateurs. Une politique cohérente et constante engagée pour plusieurs décennies est impérative pour disposer à nouveau d’une recherche et d’une industrie nucléaire procurant une indépendance énergétique nationale dont on mesure actuellement l’immense valeur en Europe.

   Il est urgent que le gouvernement traduise en actes les récentes déclarations du Président de la République soulignant l’importance du nucléaire pour le climat et pour l’avenir de notre pays. La crise énergétique que subit l’Europe, qui s’est trompée sur toute la ligne dans sa politique énergétique promue par la Commission européenne sous l’influence dominante des pays anti-nucléaires et d’une idéologie « Verte » ignorant les lois de la physique, est la preuve criante, s’il en était besoin, de cette urgence.

Françoise DUTHEIL



LA SÉCURITÉ DU TERRITOIRE FRANCAIS EST EN JEU

 

 

logo




Lettre de la Fédération Environnement Durable
              aux députés et aux sénateurs 

lundi 5 septembre 2022 05:18
 
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 SITUATION DE L'ÉLECTRICITÉ EN FRANCE
 Note FED n°1

Des restrictions de l'électricité, des délestages et potentiellement des black-out sont possibles. La sécurité du territoire est en  jeu.

La Fédération Environnement Durable a constaté que de nombreux français avaient une méconnaissance de la production  de l’électricité et de son acheminement par les réseaux de distribution.

L’électricité n’est pas une énergie stockable comme le gaz. La production complétée par des importations si nécessaires, doivent impérativement  équilibrer à chaque instant le réseau de transport de l'électricité ( RTE) .

Tout décalage brutal peut entrainer un déséquilibre du réseau et des effets en cascade allant jusqu'à un  black-out .

La Fédération Environnement Durable vous adresse cette première note . Elle  vous permettra de visualiser le problème 
 
                                                          ++++++++++++++++

Production française d'électricité  par filière 
cliquez sur le lien  RTE

(mis à jour toutes les 15 minutes)
eco2mix
Remarques importantes  

Le watt (W) est une puissance.
La quantité d’électricité s'exprime en  wattheure (Wh)
Wh= puissance  x temps
Mega= 1million 
Giga = 1 milliard

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POURQUOI LA SÉCURITÉ DU TERRITOIRE EST EN JEU

                                                   Analyse du graphique  du 3 septembre à 8h30

-  La France disposait à cette date d’un maximum de production instantanée de l'ordre de 45.000 mégawatts 

-  Du fait de   l'arrêt de 32 des 58 réacteurs nucléaires  la filière ne produit plus que 22.000 MW (au lieu de 55.000 lorsque l'ensemble du parc étant en fonctionnement)( zone jaune
EDF selon BFMTV aurait confirmé que 32 réacteurs sont toujours à l'arrêt. Au 25 décembre, 28 réacteurs devraient être remis en service, les 5 autres le seront d'ici février 2023.
La France pourra-t-elle compter sur le nucléaire cet hiver? A la sortie du Conseil de Défense, la ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher assurait qu'"EDF s'est engagée à tout redémarrer pour cet hiver. Le gouvernement sera vigilant pour que ce calendrier donné par EDF soit tenu. A partir d'octobre, une centrale sera réactivée chaque semaine".(A ce jour à condition qu'il n'y ait pas d'autres problèmes détectés.)

-  Cette situation conduit EDF à importer jusqu'à 10.000 MW en continu ce qui représente  le quart des besoins de la France en électricité à un prix du marché spot qui oscille entre 500 et 1000€ le GWh , 10 à 20 fois le prix normal .(Zone grise

-   L'éolien apporte une faible contribution de l’ordre de quelques % et de façon aléatoire
Continuer à  accélérer le développement de cette filière est une erreur stratégique  (zone verte)

-  En cas d'hiver   froid (-5 à -10 °C) la demande en électricité pourrait  progressivement monter jusqu'à 100.000 MW  ( 1°C en moins entrainant  un besoin de 2000 MW supplémentaires), c'est la situation de 2017 et 2018 où la température était descendue à -10 °C)

-  Sans la  remise en route de tout le parc nucléaire français la France connaitra un déficit de  20.000 à 30.000 MW probablement  impossible  à compenser par des importations

-  Des restrictions de la consommation des industriels et les mesures d’économies demandées aux ménages , suivis de délestages  tournants entraineront une diminution pouvant probablement économiser 10.000MW . Elles limiteront  le déficit électrique mais ne le compenseront pas sauf si le la totalité du nucléaire est  remise en état immédiatement  
-  La France n'est toujours  pas  à l'abri de black-out et un plan de sécurité du territoire est impératif.

- La Fédération Environnement Durable a adressé une première lettre aux gouvernement ci-jointe à ce mail le vendredi 26 septembre pour l'alerter.


En vous remerciant par avance de l’attention que vous voudrez bien porter à ce courrier, nous vous prions d’agréer l’expression de notre haute considération.


Jean-Louis Butré
Président
Fédération Environnement Durable

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Les trois mensonges de la Mme la Première Ministre, Elisabeth Borne Borne

Communication de la Fédération Environnement Durable 

 Energies Renouvelables.

Par une lettre ouverte adressée personnellement à chacun des Députés et des Sénateurs, la Fédération Environnement Durable dénonce les trois mensonges de Mme la Première Ministre, Elisabeth Borne, sur lesquels elle s’appuie pour justifier le projet de loi d'exception, destinée à accélérer le développement des énergies renouvelables; ce projet est d’autant plus préoccupant qu’il se caractérise par une régression environnementale contraire à la Constitution.         

« Une urgence française à produire plus d’électricité décarbonée avec des énergies renouvelables »
Le mix électrique français est déjà décarboné à plus de 92%. Dès lors, prétendre qu’en développant les énergies renouvelables, les Français lutteront efficacement contre le réchauffement climatique en réduisant la consommation d’énergies fossiles est un premier mensonge.


« En accélérant sur les énergies renouvelables, on améliorera l’indépendance énergétique du pays »

C’est un deuxième mensonge ; en effet, grâce à la politique industrielle des décennies précédentes la France dispose d’un outil de production d’électricité performant et notre pays était devenu un des principaux exportateurs d’électricité. Il était totalement indépendant des aléas de la conjoncture internationale sur les énergies fossiles. Le programme de Mme Borne ruinera non seulement l’indépendance stratégique que le pays avait acquise parce que la France augmentera sa dépendance aux énergies fossiles pour produire son électricité, mais de plus, notre pays devra servir une énorme rente financière à des intérêts privés, étrangers pour la plupart.


« L’accélération sur les énergies renouvelables permettra de lutter contre l’envolée des prix du kilowattheure »

Il s’agit du troisième mensonge : le principal responsable de cette envolée des prix est le mécanisme de formation du prix européen de l’électricité. Le prix de gros de l’électricité de la France suit exactement l’évolution du prix du gaz et son envolée.  Imaginer que le développement des ENR intermittentes servira à combattre l’envolée des prix est totalement faux et vouloir le faire croire aux élus et aux consommateurs est indigne.  

La vraie urgence pour la France serait de lutter efficacement contre ce mécanisme de formation du prix européen de l’électricité.                   

La Fédération Environnement Durable considère que ce projet de loi d’exception est attentatoire aux libertés publiques et trahit les intérêts de notre pays. Sous couvert d’urgence, il méprise l’avis des citoyens concernés et la démocratie locale. Ce dispositif ira à l’encontre des objectifs recherchés : lutte contre le réchauffement climatique, indépendance nationale et retour à un prix d’électricité raisonnable.
 
Elle demande à tous les élus de rejeter ce projet contraire aux valeurs de la République.

vendredi 5 août 2022

La France n’aurait jamais dû subir une telle crise énergétique

 

TRIBUNE. Pour Bernard Accoyer, la vulnérabilité énergétique de la France est imputable aux antinucléaires qui ont exercé le pouvoir ces dernières années.

Par Bernard Accoyer* 

 

Publié le 01/08/2022 à 07:00

Selon la formule prêtée à Albert Einstein, « On ne résout pas les problèmes avec ceux qui les ont créés. » Pourquoi cela ne vaudrait-il pas pour la crise énergétique française ? La crise ukrainienne a révélé la vulnérabilité stratégique de la France en matière d'approvisionnement énergétique. Tout n'est cependant pas imputable à Vladimir Poutine. Dans les faits, notre dépendance au gaz russe est minime et la crise énergétique va se produire là où nous devrions aujourd'hui régner en maître et n'avoir aucune inquiétude : la production électrique. La France entre dans une crise énergétique à laquelle elle aurait dû échapper, si des décisions courageuses et raisonnables avaient été prises en temps utile.

L'exécutif incite à regarder ailleurs, se défausse ou invoque le contexte mondial. Personne n'est dupe : lui, ses conseillers, et les responsables de son administration, notamment RTE

(gestionnaire du réseau de transport d'électricité) et la Commission de régulation de l'énergie (CRE), sont bien les coresponsables de ce qui est en train de nous arriver. Depuis l'élection présidentielle de 2012, des décisions politiques malheureuses ont été prises en oubliant les lois de la physique et en occultant les conséquences de ces choix, malgré les mises en garde de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

Ainsi, ce sont 12 gigawatts (GW) de capacités de production d'électricité pilotables qui ont été supprimés depuis dix ans, avec notamment la fermeture avancée de la centrale nucléaire de Fessenheim (Alsace) – pourtant en parfait état de fonctionnement –, une véritable faute industrielle exigée par l'écologie politique, une trahison énergétique.

Plusieurs mises en garde

La fermeture de ce qui représente plus de 10 % des capacités de production comme le désinvestissement dans le nucléaire sont la cause de la crise française, en dépit des recommandations de tous les présidents de l'ASN, depuis 2007, alertant sur la nécessité de disposer de capacités de production de réserve pour pouvoir faire face à un incident générique sur le parc nucléaire. L'arrêt d'une partie de ce parc pour des phénomènes de corrosion sous contrainte constitue un tel incident, toujours possible dans tout système industriel. Les décisions de fermetures ont été le choix de politiques restés sourds aux avis techniques compétents. Se défausser sur le seul parc n'est pas recevable.

De nombreuses voix, en leur temps, avaient aussi mis en garde les gouvernements en 2014, 2017, 2019, sans être entendues. Hélas, les administrations chargées d'alerter les autorités sur les risques évidents résultant de ces décisions sont restées muettes. Un tel entêtement n'aurait pas été possible si la consanguinité entre le politique et les instances de régulation ou de production du secteur, particulièrement perverse, n'avait accouché d'un discours officiel reposant sur des analyses totalement biaisées.

Aveuglement idéologique

Sur le plan gouvernemental, la nomination de ministres militants antinucléaires à la tête du ministère chargé de l'Énergie a fait de la politique énergétique la monnaie d'échange successivement utilisée par François Hollande puis par Emmanuel Macron pour s'allier avec les décroissants et les antinucléaires.

Leurs desseins n'auraient cependant pas été rendus possibles si les agences de l'État n'avaient pas été idéologiquement détournées de leur mission de prospective, de conseil et d'alerte des pouvoirs publics, par des nominations à leur présidence de personnalités politiques, ainsi récompensées pour leur ralliement, en lieu et place de nominations de techniciens reconnus et politiquement non engagés.

C'est le cas, par exemple, de l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie), pilote de la pensée antinucléaire, présidée par Arnaud Leroy, ancien député socialiste, qui a publié un scénario « Vers un mix électrique 100 % renouvelable » (2018) ; ou de la nomination de l'ancien député François Brottes (socialiste), pivot de la loi Royal de 2015, à la tête de RTE, prescrivant la fermeture de 14 réacteurs en 2025, échéance repoussée ensuite à 2035, échéance tout aussi utopique. Puis son remplacement par Xavier Piechaczyk, en 2020, un proche du président de la République qui avait copiloté la rédaction de la loi de 2015.

RTE, instance responsable de l'équilibre du système électrique, chargée de transmettre les informations prospectives aux pouvoirs publics afin qu'il anticipe sa politique énergétique, n'a cessé de se contorsionner pour justifier des plans « zéro nucléaire » totalement inapplicables, au risque de se discréditer (janvier 2021), puis de produire des scénarios de stratégie électrique sur commande totalement inverses pour justifier le virage macronien de l'automne 2021. La Commission de régulation de l'énergie n'a pas échappé à cette « déprofessionnalisation » politique, contraire à l'indépendance indispensable des autorités « indépendantes » censées par définition conseiller ou trancher à distance des pressions politiques.

En finir avec le dogmatisme

Si l'on veut hâter la sortie de crise et le retour à une meilleure situation, il faut nommer à ces responsabilités des personnalités techniquement qualifiées sans lien avec l'exécutif ni engagement politique patent. Pour la sélection du meilleur candidat, la seule question qui vaille est : « Quelle compétence détient cette personne pour justifier son ambition d'exercer cette responsabilité hautement stratégique, au service de la France et des Français ? » Cela vaut notamment pour les grands acteurs du secteur – CRE, EDF, RTE…

Il faut maintenant sortir des errements qui ont provoqué cette crise.

Sur ce point, la proposition de nomination avancée par le président de la République à la présidence de la CRE est un continuum qui, si elle se concrétisait, placerait cette personnalité entre les mains des conseillers de l'exécutif, ceux-là mêmes qui portent en partage la responsabilité de la crise énergétique à laquelle la France aurait dû échapper.

Dans tous les scénarios, la sortie de crise sera longue. Il faut maintenant sortir des errements qui ont provoqué cette crise, oublier les positions dogmatiques, s'en tenir à la raison et engager sans plus attendre les mesures de redressement qui s'imposent.

* Bernard Accoyer est le président de PNC-France, une association pronucléaire. Il a été président (UMP) de l'Assemblée nationale de 2007 à 2012.

Le décryptage des nouvelles structures gouvernementales

 


 

Chers amis et sympathisants
 


Le Président de la République s’est engagé pendant la campagne des élections présidentielles à faire de la planification écologique l’un des piliers de son nouveau quinquennat et à en confier la responsabilité directe au Premier ministre.  

Cette promesse s’est traduite, dans la structure de l’exécutif, par la création d’un secrétariat général à l’exécutif, d’un ministère de la transition énergétique ainsi que d’un ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires, auquel est rattaché une secrétaire d’Etat en charge de l’écologie.   

Dans ce flash Cérémé, nous vous proposons de vous présenter les attributions de chacun des acteurs de ce nouveau dispositif.  

 

I.                   Le Secrétariat général à la planification écologique  

 

Le secrétariat à la planification écologique est placé sous l’autorité de la Première ministre. Ainsi que le dispose le décret n°2022-990 du 7 juillet 2022, il est chargé de coordonner l’élaboration des stratégies nationales en matière de climat, d’énergie, de biodiversité et d’économie circulaire. Il veille à :

-          la soutenabilité de ces stratégies et à leur différenciation, afin de s’adapter aux particularités de chaque territoire,

-          la mise en œuvre de ces stratégies par l’ensemble des ministères concernés et à leur déclinaison en plans d’actions,

-          l’évaluation régulière des politiques menées au titre de ces stratégies,

-          la cohérence de l’ensemble des politiques menées au titre de la planification écologique.

 

Le secrétaire général à la planification écologique coordonne l’élaboration des feuilles de route des ministres et s’assure de l’implication de ceux-ci et de la cohérence de leurs actions. Son positionnement sous l’autorité directe de la Première ministre témoigne d’une volonté de pilotage resserré de Matignon sur la planification écologique, qui doit devenir l’un des fils directeurs du quinquennat et irriguer l’ensemble des politiques publiques.  

C’est Antoine Pellion, qui a été nommé secrétaire général à la planification écologique. Il conservera, parallèlement, son poste de chef du pôle Ecologie, Transport, Energie, Logement, et Transport au cabinet de la Première ministre. Passé par Framatome, Areva, Total, la DRIEE d’Île-de-France, le cabinet de Ségolène Royal la DGEC, Enedis puis plus récemment le cabinet de Jean Castex, il dispose d’une connaissance et d’une expérience reconnues dans le domaine de la politique énergétique.  

Il sera appuyé par une équipe de plusieurs dizaines de personnes ainsi que par les directions centrales des ministères, notamment le commissariat général au développement durable. A ce stade, son équipe est composé de deux personnes. Elle devrait être de 15 collaborateurs à la rentrée puis grossir progressivement.  

 

II.                 La Ministre de la transition énergétique

 

En vertu du décret n°2022-845 du 1er juin 2022, la ministre de la transition énergétique définit et met en œuvre la politique de l’énergie de manière à assurer la sécurité d’approvisionnement, l’accès à l’énergie et à  lutter contre le changement climatique.

Elle est notamment compétente en matière de développement des énergies renouvelables, d’entretien et de construction de réacteurs nucléaires, de développement de l’hydrogène, de décarbonation des transports routiers, de tarifs de l’énergie et de politique industrielle en matière énergétique.

En matière de moyens, la ministre de la transition énergétique a autorité sur :

-          La direction générale de l’énergie et du climat (DGEC), conjointement avec le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires,

-          La direction générale de la prévention des risques pour les compétences relatives à la sûreté nucléaire, conjointement avec le ministre de la santé et de la prévention,

-          Le secrétariat général du ministère conjointement avec le ministre de la transition écologique,

-          Le commissariat général au développement durable, conjointement avec le Premier ministre et le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.  

-                     

La ministre de la transition écologique peut également faire appel à plusieurs corps d’inspections ou directions centrales telles que l’inspection générale des finances, la direction générale des entreprises (lorsqu’elle exerce ses compétences en matière de développement industriel dans le domaine de la production et de la consommation d’énergie), le commissariat général à la stratégie et à la prospective, la direction générale de l’aménagement, du logement et de la nature. 

C’est Agnès Pannier-Runacher qui a été nommée ministre de la transition énergétique. Elle a annoncé dans le JDD qu’elle sera prochainement appuyée par un délégué interministériel chargé du nouveau nucléaire.  

 

III.               Le Ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires 

 

En vertu du décret n°2022-832 du 1er juin 2022, le ministre de la transition écologique hérite de compétences autrefois dévolues aux ministres du Logement, de la Cohésion des territoires ou de la Ville (cohésion des territoires, lutte contre les inégalités territoriales, politique de la ville, urbanisme, lutte contre l’étalement urbain, équipement, logement. etc.) ainsi qu’au ministre de la Transition écologique.  

En matière de transition écologique, il est chargé des politiques relatives à la protection de la biodiversité, de la nature et au développement durable. A ce titre, il exerce son autorité sur :

-          Le secrétariat général du ministère, conjointement avec la ministre chargée de la transition énergétique,

-          Le commissariat général au développement durable, conjointement avec la ministre chargée de la transition énergétique et la Première ministre,

-          La direction générale de l’énergie et du climat pour l’exercice des compétences relatives à l’adaptation au changement climatique, à la qualité de l’air et la réglementation technique des véhicules,

-          La direction générale de l'aménagement, du logement et de la nature bien que le texte ne soit pas très clair sur ce point. 

 

C’est Christophe Bechu, ancien maire Horizons d’Angers, qui a été nommé ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires. Lorsqu’il était maire d’Angers, il a déclaré en 201 « Je ne suis pas un grand fan de l’éolien. Il y a le coût du démantèlement, l’impact visuel… ».

Il est épaulé par une secrétaire d’Etat, Bérangère Couillard, en charge de l’écologie qui est responsable  notamment de :

-          la préparation et la mise en œuvre de la politique du Gouvernement dans les domaines de la protection et de la valorisation de la nature et de la biodiversité et de la transition vers une économie circulaire.

-          La gestion de la faune sauvage, incluant les grands prédateurs, du bien-être de la faune sauvage, de la police de la chasse et de la pêche en eau douce, de la protection des paysages et des sites ainsi que du contrôle de l'utilisation et du commerce des espèces animales et végétales,

-          le pilotage et la coordination de la stratégie nationale pour la biodiversité.

-          la politique de protection, de gestion et de police de l'eau.