mercredi 8 mars 2023

Commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur la perte de souverainté énergétique

Audition de l'ancienne ministre de la Transition écologique Mme Barbara Pompili

ou Comment appréhender le principe de Peter

 

 
 
 

Source Wikipédia: Le principe de Peter (appelé parfois « syndrome de la promotion Focu ») est une loi empirique (issue de faits expérimentaux, ou validée par l'expérience) relative aux organisations hiérarchiques  proposée en 1969 par Laurence J. Peter et Raymond Hull dans leur ouvrage The Peter Principle (traduction française Le Principe de Peter, 1970).

Selon ce principe, « dans une hiérarchie, tout employé a tendance à s'élever à son niveau d'incompétence », avec pour corollaire que « avec le temps, tout poste sera occupé par un employé incapable d'en assumer la responsabilité ».

L'ouvrage de Peter et Hull est rédigé sur un ton satirique, voire humoristique, mais le principe qu'il expose a pu faire l'objet d'études universitaires qui ont étudié sa validité par la modélisation ou par la confrontation à des cas réels, certaines concluant à sa validité complète ou partielle
 
 
 

dimanche 26 février 2023

Comment en est-on arrivé là!

  François Hollande se défend d’avoir personnellement fermé Fessenheim - « Je n’ai fermé, et encore ce n’est pas moi qui l’ai fermé, que […] Fessenheim », a expliqué l’ancien président le 19 février, interrogé dans l’émission Le Grand Jury.

Le décret (annulé en 2018) abrogeant l’autorisation d’exploitation de cette centrale a effectivement été pris par Bernard Cazeneuve et Ségolène Royal, respectivement Premier ministre et ministre de l’Environnement, à la toute fin du quinquennat Hollande. 

Un second décret a été pris en 2020. « Je n’ai jamais repris à mon compte » l'accord programmatique conclu entre le Parti socialiste et les Verts en 2011, qui prévoyait la fermeture « progressive » de 24 réacteurs, a-t-il également avancé, expliquant que son programme ne mentionnait que la fermeture de la centrale alsacienne et la réduction à 50 % de la part du nucléaire dans le mix électrique.

François Hollande a par ailleurs donné raison à son Premier ministre Manuel Valls, qui déclarait le 2 février que « l’optique » de l’objectif de 50 % était « politique . 

D'autre part

L’objectif de réduire la part du nucléaire à 50 % en 2025, promis par François Hollande, « n’était le résultat d’aucune étude d’impact ou d’analyse de besoin » 

Manuel Valls l’a déclaré lors de son audition par la commission d’enquête parlementaire sur la souveraineté énergétique le 2 février. Il était Premier ministre à l’époque de la présentation et de la promulgation de la loi de 2015 sur la transition énergétique, qui a entériné cette promesse de campagne de François Hollande. « L’optique, c’est vrai, était politique », a-t-il assumé, expliquant que « le choix des 50 % [était] sans doute lié à la contrainte de l’accord imposé par le PS et les Verts » au vainqueur de la primaire de la gauche. 

Pour autant, « la sécurité d’approvisionnement était une priorité [du gouvernement] », selon Manuel Valls. « Nous n’avions pas les mêmes difficultés que nous avons connues après, et le fait que la France exportait largement son électricité était un élément qui nous permettait d’être volontaristes sur ces sujets-là. »

CQFD!

 

superficie necessaire pour implanter des éoliennes

 
 

 

lundi 20 février 2023

Des éleveurs de Lecey entre détresse et lanceurs d'alerte

 

Au Gaec de la Liez, à Lecey, Sandra et Anthony Varney se trouvent dans une impasse en assistant, impuissants, à une surmortalité de leurs animaux. La présence démontrée d’ondes électromagnétiques pose question. Nicolas Lacroix, le président du Conseil départemental de la Haute-Marne, est allé à leur écoute et souhaite la mise en place d’une veille afin de mesurer l’importance du problème et, éventuellement, de le contrecarrer.

Sandra et Anthony Varney ne cachent plus leur désarroi. A la tête du Gaec de la Liez, ils sont éleveurs à Lecey, dans le sud de la Haute-Marne et, alors que tout allait bien dans la conduite de l’exploitation, il y a 6 ans, la situation s’est fortement dégradée sans réelles explications dans un premier temps.

Les pertes d’animaux se sont accumulées avec, en 6 ans, 90 bovins adultes décédés et des dizaines de veaux morts. La fertilité du troupeau s’est détériorée dans le même temps et Anthony Varney raconte que la production de lait et de viande a marqué le pas. Pire : il en est venu à doubler la quantité de nourriture apportée aux animaux pour voir les productions s’effondrer.

Perte de production

Alors qu’en moyenne, ses Prim’holsteins produisaient plus de 10 000 kg par lactation, elles chutent à 6 000 kg. Là où les vaches produisaient une moyenne de 30 litres par jour, elles atteignent péniblement les 20 litres. Résultat : alors que le Gaec a une référence laitière de 900 000 litres, il n’arrive plus à produire. En 2022, il manque 200 000 litres alors que l’effectif du troupeau a été augmenté.

De multiples analyses ont été effectuées sur les animaux morts sans qu’elles ne fournissent de réponses. Les vétérinaires ne cachent pas leur impuissance et alors qu’Anthony Varney n’y croyaient pas spécialement, les éleveurs se sont penchés sur les conséquences des antennes et des éoliennes implantées sur le secteur.

vaches

Sandra Varney a alors fait venir un géobiologue qui a constaté la présence d’ondes électromagnétiques qui perturbent les animaux. Il parle même d’un cas d’école. Il leur est expliqué que les prises de terre des éoliennes à une dizaine de kilomètres à vol d’oiseau sont branchées sur des failles humides qui passent sous la ferme. Trois rivières souterraines sont décelées sous les bâtiments d’élevage ainsi que des ondes issues des antennes téléphoniques.

Sentiment d’impuissance

Pierres appelés menhirs, fils de cuivre dans le sol, barres de captation… le géobiologue installe aussitôt des paravents pour contrecarrer ces ondes. Ils ont effectivement des effets mais Sandra Varney raconte que dès l’ouverture d’une autre antenne ou la remise en marche des éoliennes, les effets s’estompent et la mortalité des animaux repart ainsi que la baisse de la production. Début février, ils ont encore perdu trois animaux après un affaiblissement soudain et inexplicable.

Autant dire que les éleveurs sont désespérés. A 50 et 47 ans, ils savent qu’ils ne pourront pas continuer ainsi. L’installation de leur fille Océane est remise en cause et financièrement, ils ne s’en sortent plus. Ils ont alerté leur laiterie (Savencia) et leur acheteur de bovins (Maigret) et avouent qu’ils ne peuvent pas continuer de travailler à perte.

exploitants et vaches

Anthony Varney vit cette situation comme un échec avec un sentiment d’impuissance. Quant à son épouse, elle est davantage en colère en implorant toutes les institutions en capacité d’agir de surveiller les conséquences des antennes et des éoliennes sur les animaux et sur les hommes. Elle s’interroge : « quel est l’avenir de l’élevage dans ces conditions alors que l’on nous parle de souveraineté alimentaire ? ». Elle est prête à recevoir et à en parler avec Anne Cornet, la Préfète. 

Frédéric Thévenin

frederic.thevenin@haute-marne.fr

Nicolas Lacroix à l’écoute d’éleveurs désemparés

Nicolas Lacroix, le président du Conseil départemental, a pris la mesure des problèmes en rencontrant les éleveurs ce 14 février. Il souhaite s’emparer du dossier en relayant l’alerte auprès de la Préfecture, la DDT et les institutionnels. Par exemple, Agnès Aubertin, 2e vice-présidente à la Chambre d’agriculture, se charge de répertorier tous les agriculteurs touchés en Haute-Marne. Des zones comme Noyers, Darmannes et donc Lecey sont déjà ciblées.

Nicolas Lacroix souhaite la mise en place d’études géologiques, de mesures de champs électromagnétiques et de cartographies pour connaître l’importance du phénomène et des conséquences sachant que l’élevage souffre déjà et que le renouvellement des générations n’est pas assuré.

Nicolas Lacroix a profité de sa visite à Lecey pour rencontrer Bruno Carbillet, le Maire. Avec les deux élus du Département, ils ont abordé les thèmes de la commune et notamment la réhabilitation de la mairie.

dimanche 5 février 2023

Interview de Michel Gay à Breiz Info

 Interview de Michel Gay

1 février 2013

  1. Michel Gay pouvez-vous vous présenter? 
  2. Qu'est-ce qui justifie aujourd'hui l'explosion du coût de l'électricité en France ? Pourquoi avons-nous rattrapé les autres Européens en matière de prix très élevés ?
  3. Qui sont les principaux responsables de cette hausse des prix de plus en plus importante ? Qu'est-ce qui explique la perte d'influence des entreprises spécialisées dans le nucléaire en France sur plusieurs décennies alors que parallèlement, elles rayonnent dans le monde ?
  4. Est-il possible selon vous, à court et moyen terme, de relancer l'industrie nucléaire et de faire chuter les prix de l'électricité en France, pour le consommateur ? Ne faut-il pas tendre vers un mixe avec du renouvelable, en attendant que les nouvelles centrales tournent à plein régime ?
  5. L'explosion des prix de l'énergie, l'échec manifeste de l'éolien à assurer notre indépendance énergétique...n'assiste-t-on pas là finalement aux révélations d'une grande imposture estampillée « Lobby vert », qui s'est emparé de l'écologie pour mener à bien un autre programme politique ?
  6. Comment voyez-vous les prochains hivers, les prochaines années ?

 Réponses par Michel Gay
 

1) Ancien pilote de chasse pendant 25 ans, je me suis ensuite intéressé au sujet de la production, de
la distribution, du stockage et de l'utilisation de l'énergie, notamment de l'électricité depuis 10 ans.
J'ai écrit environ 700 articles publiés principalement sur Contrepoints, mais aussi sur Breizh Info, Le
Monde de l'Énergie, Conflits, Métainfo,... et j'ai publié 3 livres (Vive le nucléaire heureux !, Au diable
les énergies renouvelables !,et Sous-Exposé !).
Voir le site que j'anime : vive-le-nucleaire-heureux.com
Mon objectif est d'informer le plus largement possible les Français devant le rouleau compresseur
médiatique de désinformation (ou de sottise par méconnaissance) dans le domaine énergétique. La
profonde méconnaissance des Français sur la problématique des énergies constitue le terreau sur
lequel prospèrent les prophètes du malheur, de l'obscurantisme et de la régression du niveau de vie.
 

2) Aucune raison technique ne justifie aujourd'hui l'explosion du coût de l'électricité en France. C'est
une raison de mauvais choix de politique énergétique de la France et de l'Europe (que la France a accepté) qui ont parié sur les énergies renouvelables intermittentes (EnRI) soutenues par le gaz (essentiellement russe) et par le charbon allemand, ainsi que par de gigantesques subventions publiques, tout en sacrifiant le nucléaire.
Le choix allemand "imposé" à l'Europe d'indexer le prix de l'électricité sur le gaz a aussi été une erreur
monumentale.
Aucune réduction des émissions de CO² ne résultera d’une transition énergétique relevant d’un panel
de solutions de productions d’énergies renouvelables intermittentes selon les rapports et avis officiels
émis par les autorités compétentes suivantes :

• l’Académie des Sciences (19 avril 2017),
• l’Académie des Beaux-Arts (2007),
• l’Académie de Médecine (09 mai 2017),
• la Cour des comptes (18 avril 2018),
• la Commission nationale du débat public (12 septembre 2018),
• et la Commission d’enquête parlementaire sur l’impact des énergies renouvelables qui indique le 26 novembre 2019 : « La transition du nucléaire vers les énergies électriques intermittentes n’a aucun impact sur le CO² et ne permet donc pas de lutter contre le réchauffement climatique »…
 

Tous expriment que :
• l’éolien notamment ne sert ni la transition écologique, ni l’environnement, ni la santé,
• la transition doit être transparente sur les coûts complets du mix énergétique programmé et
les soutiens publics induits,
• elle doit respecter les territoires, la biodiversité, les paysages, et le cadre de vie des ruraux.


Une grande confusion s’est installée entre énergie et électricité dans l’élaboration de la
Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE)
Elaborée par le ministère de la Transition écologique et solidaire, la PPE est pourtant « l’outil de
pilotage de la politique énergétique de la France » qui vise à diminuer les émissions de gaz
carbonique (CO2).
Si le débat se fourvoie autour de la production d’électricité, il passera à côté de l’objectif principal de la
PPE qui est de réduire la consommation des énergies fossiles et, conjointement, les émissions de gaz
à effet de serre.
C’est également l’erreur majeure de la Commission européenne qui mélange l’objectif (réduire la
consommation d’énergies fossiles) et les moyens (développer les énergies renouvelables productrices
d’électricité).


Cette folle politique énergétique est à l’origine de la flambée des prix de l’énergie et de l’électricité
aujourd’hui.


3) Les principaux responsables sont nommés dans le Point du 26/10/22 « Electricité : enquête sur une
débâcle » et dans Marianne du 22/12/22 (Jospin, Aubry, Lepage, Hollande, Voynet, Duflot, Royal,
Wargon,…).


Pour la perte d'influence, le rapport Folz d’octobre 2019 fait référence chez les experts : des
compétences ont été perdues parce que la France n’a plus construit de réacteurs nucléaires durant 20
ans. Les personnels sont partis sur d’autres secteurs d’activités ou en retraite.


L’abandon des réacteurs du futur de quatrième génération est aussi une grande erreur qui sera lourde
de conséquences dans 20 ans.


4) Oui, il est possible de relancer le nucléaire à moyen terme (il faudra 10 ans pour « remonter » la
filière) et de faire chuter les prix de l'électricité en France pour le consommateur en sortant du
système européen idiot et en revenant au véritable coût de production (faible en France), comme
c'était le cas il y a 15 ans !


"Ne faut-il pas tendre vers un mixe avec du renouvelable, en attendant que les nouvelles centrales
tournent à plein régime ?" :
NON ! Les EnRI sont un gouffre financier non seulement inefficaces et quasiment inutiles mais
nuisibles car elles aspirent des financements qui seraient beaucoup plus utiles par ailleurs !
De plus, elles déstabilisent les réseaux et ruinent les Français par leur intermittence (pas de stockage
possible malgré des annonces pour faire rêver le bon peuple).


Ces EnRI ont pu se développer de manière scandaleuse alors qu’elles constituent une impasse à la
fois technique, financière et écologique. Les écologistes, notamment les « pères verts » de l’Agence
de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), manipulent les chiffres pour faire croire
qu’elles peuvent répondre aux besoins de la France, de l’Europe et de l’humanité.

Il ne s’agit pas de bannir une « bonne flambée » de bûches dans sa cheminée, ni un complément
d’eau chaude solaire pour des particuliers, ni la géothermie là où elle est possible, comme en Islande,
ni même, dans certains cas, la production de gaz par méthanisation.


Il s’agit d’arrêter de tromper les citoyens en affirmant que les énergies renouvelables subventionnées,
fatales, diffuses, ruineuses et intermittentes pourront succéder, même partiellement, aux énergies
fossiles (pétrole, gaz et charbon) et fissiles (uranium et thorium).


5) OUI, l'explosion des prix de l'énergie, l'échec manifeste de l'éolien à assurer notre indépendance
énergétique...révèlent une grande imposture estampillée « verte » qui s'est emparée de l'écologie
pour mener à bien un programme politique dérivant vers la dictature « verte ».
Et je dénonce depuis 10 ans l’immense imposture de cette écologie tyrannique qui peut conduire des
illusions au cauchemar.


6) Les prochains hivers seront « tendus » avec encore des importations d'électricité mais elles
devraient être moins importantes que cette année s'il n'y a pas de nouveaux défauts génériques sur
les réacteurs nucléaires.


Pour le plus long terme, les gouvernements successifs doivent soutenir financièrement et
politiquement le prolongement des réacteurs au-delà de 60 ans (l'AIEA et les Etats-Unis envisagent
80 ans et même 100 ans) ainsi que la remontée de la filière nucléaire dans les 20 prochaines années
pour faire face à l’augmentation des besoins en électricité au moindre coût... en attendant un
nucléaire durable pour plusieurs milliers d’années avec la quatrième génération utilisant 100% de
l’uranium naturel au lieu de 1% aujourd’hui.

 

 

 

Éoliennes et santé publique ne feraient pas bon ménage.

 

Une association anti-éolien recueille 359 témoignages de malades : "les gens sont mal, mais ils ne comprennent pas pourquoi"

Publié le
Écrit par Remi Vivenot .
 

Dans l'Aisne, l'association Sos Danger Éolien a déposé auprès de l'administration 359 réclamations de personnes malades, attribuant leurs maux à la présence d'éoliennes dans leur environnement. Elle entend ainsi pousser les autorités à enquêter sur le sujet.

Pour ses promoteurs, ce travail constitue ni plus ni moins "le seul inventaire européen de ce genre réalisé". Une synthèse remise aux autorités de 359 attestions de malades, évoquant des symptômes de gravité diverse, que ces signataires attribuent à la présence d'éoliennes dans leur environnement. L'éolien reste évidemment un important sujet de conflits dans l'un des départements qui en comptent le plus.

Les témoignages ont été recueillis depuis 2021 auprès d'habitants de l'Aisne par une figure locale de la lutte contre l'éolien : Valérie Bernardeau, présidente de l'association Sos Danger Éolien. "J'ai su qu'il y avait des problèmes de santé. Je suis allée dans des villages entourés d'éoliennes et j'ai fait les maisons une par une, en porte-à-porte", raconte l'intéressée.

Selon les artisans de ce travail, "l'échantillonnage s'est fait dans un rayon de 30 km autour de Marle", secteur où l'on trouve une importante présence d'éoliennes. "Les gens sont mal, mais ils ne comprennent pas pourquoi. Quand on parle, ils font le lien avec l'éolien. Certaines personnes n'ont rien et d'autres tout. Ça commence toujours quand les éoliennes sont montées", poursuit Valérie Bernardeau. 

Des symptômes légers jusqu'aux cancers

Si le nombre de témoignages reste relatif au regard des 53 0000 habitants du département, Valérie Bernardeau s'en montre pourtant satisfaite. "Cela n'a pas été facile, il a fallu convaincre. Plus du double des personnes n'a pas voulu témoigner et a eu peur. Certains m'ont rattrapée pour me demander de déchirer le papier". 

Le document de synthèse de ce travail qui nous a été transmis répertorie en détail des cas qui vont de symptômes relativement légers, des acouphènes, de l'eczéma, des migraines, jusqu'à des maladies graves, leucémie ou cancer.  

"Les statistiques montrent que la relation est certaine entre syndrome éolien et parcs voisins", estime Jean-Louis Remouit, administrateur de la Fédération environnement durable, structure farouchement opposée à l'éolien en France, qui a apporté son expertise à l'association Sos Danger Éolien sur ce dossier. Il reconnaît néanmoins aussi les limites de l'exercice : "Bien sûr que les origines des maladies peuvent être multiples." Mais pour lui, les plaignants "ont tous la conviction que c'est arrivé depuis que les éoliennes sont là. Il faut quand même y regarder de près".

Interpeller les autorités

C'est d'ailleurs le but des anti-éoliens. Si les témoignages recueillis n'apportent pas la preuve scientifique d'un lien entre des maladies et l'éolien, ils entendent s'appuyer dessus pour pousser les autorités à enquêter sur le sujet. Pour cela, ces attestations ont été transmises à l'administration sous la forme de "réclamations icpe". Une sorte de plainte prévue pour saisir l'administration de nuisances éventuelles générées par des installations industrielles comme le sont les parcs éoliens et dont un formulaire type est disponible en ligne.

Selon les opposants, ces documents ont été transmis successivement à l'ARS des Hauts de France et à la préfecture. Ils expliquent avoir également remis un rapport de synthèse au secrétaire général de la préfecture à l'occasion d'une entrevue le 5 janvier dernier. Pour Jean-Louis Remouit, cette démarche collective envers l'administration est plus efficace que des plaintes en justice qui, selon lui, n'aboutiraient pas. "On le fait en collectif, sur le plan juridique, cela donne plus de poids". 

L'industrie éolienne sceptique

À l'inverse, cette démarche laisse sceptique le représentant de France énergie éolienne qui représente 90 % des entreprises du secteur éolien en France. Mattias Vandenbulcke, son directeur de la stratégie, estime que le dossier repose uniquement sur du déclaratif et représente en fait peu d'habitants. "Je ne remets pas en cause la bonne foi, le ressenti des gens, ce n'est pas le sujet, mais quand on accuse de quelque chose, il faut le prouver. L'ensemble de la littérature scientifique a démenti", estime le représentant. "Que des gens soient contre l'éolien ou les énergies renouvelables, c'est leur droit. En revanche, qu'on essaie de constituer des faisceaux de fausses informations, c'est une démarche qui essaie de semer le doute, qui est le préalable de la peur", regrette-t-il, tout en mettant en avant les travaux de l'Académie de médecine ayant conclu que l'éolien "ne semble pas induire directement des pathologies organiques".

De leur côté, les anti-éoliens restent dans l'attente d'une réaction des autorités à leur requête, mais ils envisagent déjà aller plus loin, probablement en portant le dossier devant le tribunal administratif. D'ici là, ils entendent continuer à recueillir de nouveaux témoignages.

 

mercredi 25 janvier 2023

Témoignage d'agriculteur

 

Mon nom est Jean-François Maquigny. 

Dans ma famille on est agriculteur depuis 1850. Nous habitons à Moreuil, dans la Somme. Je possède une centaine de vaches laitières, et j’ai repris l’exploitation de mes parents dans les années 80.

Je me suis intéressé à l’éolien quand un premier permis de construire a été accordé en 2010 sur une zone rouge interdite à tout parc, avec un avis négatif de la DREAL pour atteinte à la biodiversité. Mes problèmes ont commencé lorsque celui-ci a été mis en fonctionnement à un kilomètre de chez moi. Je tiens à préciser que je suis aussi entouré de plusieurs antennes 4G. L’attitude de mes bêtes est devenue étrange et incontrôlable. Le troupeau, pris de panique, se jette régulièrement et sans raison sur les barrières. Quand ils sont au pâturage, les animaux sont victimes des mêmes troubles : lorsque nous voulons les rentrer pour la traite, les vaches refusent de s’approcher des bâtiments et sont même capables de passer au-dessus de quatre ou cinq hommes qui les poussent. Guider le troupeau est devenu vraiment dangereux. J’étais très inquiet, car, entre-temps, deux autres parcs à moins de 600 mètres de chez moi devaient voir le jour. Lorsque ceux-ci ont démarré, les problèmes se sont aggravés : sur une parcelle que je possède et qui se situe à moins de 300 mètres des aérogénérateurs, je constate malheureusement des avortements à la pelle, et le comportement de mes vaches ne s’est pas amélioré.

Dès le départ, j’ai tout fait pour en parler aux pouvoirs publics. Dans un premier temps, j’ai contacté Barbara Pompili qui, à l’époque, était secrétaire d’Etat. Je me suis ensuite rendu à Clermont-Ferrand, au sommet de l’élevage, et j’ai réussi à parler à Emmanuel Macron. Il m’a adressé à son conseiller environnement, monsieur Paul Delduc. Après quelques échanges téléphoniques, nous sommes convenus d’un rendez-vous à l’Elysée. Nous avons discuté du dossier pendant une bonne heure. Monsieur Delduc m’a dit qu’il avait connaissance des problèmes et il a décidé de faire intervenir à la fois la ministre de l’Écologie, Elisabeth Borne, et la préfète de région. Madame Borne a demandé une enquête au GPSE. (Groupement Pour la Sécurité Electrique). Le GPSE a constaté des troubles. J’étais donc satisfait d’avoir été entendu, jusqu’au moment où j’ai découvert que le rapport qui m’avait été remis était profondément différent de celui qui m’avait été rapporté par l’inspecteur : Je n’ai pas retrouvé les paroles de l’expert dans le dossier remis à l’Elysée. Les faits avaient été grandement atténués !

Entre temps, la préfecture et la DDPP (Direction Départementale Pour la Protection des Populations) ont débloqué des fonds afin de faire placer des caméras dans le bâtiment ainsi que dans les pâtures dans le but d’observer le bétail. Ils ont aussi nommé un vétérinaire en charge de constater les avortements et les pathologies de mes bêtes. Un géobiologue s’est aussi déplacé et il a pu déterminer précisément quelles étaient les éoliennes les plus impactantes.

En août 2022, j’ai été convoqué à la préfecture d’Amiens pour faire un bilan des observations caméras et vétérinaires. La préfecture a reconnu qu’il y avait bien des troubles, mais ils m’ont informé qu’ils avaient pris la décision de poursuivre l’enquête : j’ai donc « obtenu »… trois années d’études complémentaires. Et j’ai claqué la porte.

Le conseiller environnement de Monsieur Macron, Paul Delduc, m’a clairement fait comprendre que les lois pour promouvoir les énergies renouvelables étaient votées pour 20 ans, et qu’on ne pouvait absolument pas les modifier, plus rien faire pour les arrêter.

Dans 10 ans, il y aura encore plus d’éoliennes, mais des éleveurs, il n’en restera plus beaucoup.

 

Témoignage recueilli par Sioux Berger Janvier 2023

jeudi 15 décembre 2022

Le grand déballage explosif de l’ancien patron d’EDF face aux députés


«Poison», politique «au doigt mouillé»... Devant la commission d’enquête sur la perted’indépendance énergétique du pays, Henri Proglio se lâche.

Géraldine WoessnerPublié le 14/12/2022 à 13h40

Il a dirigé l'entreprise de2009à 2014, à cet instant critique où la politique d'ouverture à la concurrence du marché de l'électricité, décidée par Bruxelles à la fin des années 1990, est pleinement entrée en application. Écarté de son poste par François Hollande au profit de Jean-Bernard Levy, alors jugé plus en phase avec les projets de décroissance nucléaire du gouvernement, Henri Proglio a lâché la bride devant les députés ce 13décembre, accusant ouvertement Bruxelles et «les gouvernements successifs» d'avoir délibérément saccagé, depuis 2010, le système électrique français.

Lorsqu'il prend la tête de l'entreprise publique «au début du XXIe siècle», raconte-t-il, «EDF est exportateur d'énergie, a les prix les moins chers d'Europe(deux fois et demie moins chers que l'Allemagne) et un contrat de service public qui fait référence dans le monde, et donne à la France un atout formidable en matière d'émissions de gaz à effet de serre. Il n'y avait plus qu'à tout détruire: c'est chose faite!»

L'«obsession allemande»: détruire EDF

Le ton est calme, accablé par le constat, mais les mots sont grinçants, et pendant près de deux heures, les balles sifflent. Contre l'Europe, d'abord, accusée d'avoir délibérément ruiné, sous la pression de l'Allemagne, le potentiel français. «L'Allemagne a choisi l'industrie comme axe majeur de son économie, puis a tenté l'energiewende [la transition énergétique allemande, axée sur la sortie du nucléaire et le développement des renouvelables, NDLR]. Cela s'est terminé par un désastre absolu, les énergéticiens allemands étaient ruinés, totalement vulnérables», détaille l'ancien patron d'EDF. «Comment voulez-vous que ce pays accepte que la France dispose d'un outil compétitif aussi puissant qu'EDF à sa porte? L'obsession allemande depuis trente ans, c'est la désintégration d'EDF. Ils ont réussi.»Avec la complicité de l'Europe, accuse-t-il, qui «a pris comme axe idéologique unique la concurrence»... Et celle des gouvernements français. Proglio cible les responsables politiques en rafale. La loi Nome, votée en 2010, qui imposait à EDF de subventionner ses concurrents en leur vendant à prix cassé un quart de son électricité? «Une mesure inique, destinée à casser EDF et prise sous la pression bruxello-allemande», dénonce-t-il. «Ça a très bien fonctionné, les concurrents d'EDF sont devenus riches.» Pas les Français: pour compenser les pertes, EDF a augmenté ses tarifs, révèle-t-il. Des propos qui font écho à ceux de son prédécesseur à la tête d'EDF (de2004à 2009) Pierre Gadonneix, auditionné une semaine plus tôt par la même commission, qui avait dénoncé «une monstruosité», en grande partie responsable de la lente dégradation d'un parc nucléaire français privé d'investissements, et de toute perspective.

Jean-Marc Ayrault dépeint en «Ubu roi»

À la tribune, les membres de la commission, qui ont entamé leurs travaux fin octobre, se lancent des regards en biais. «Ça tranche avec l'audition précédente», commente l'un d'eux, par SMS. Plus tôt dans la journée, les députés avaient en effet entendu Laurent Michel, directeur général de l'énergie et du climat au ministère de la Transition écologique, qui a répondu aux questions dans une solide langue de bois administrative. «Dix ans en poste: il n'a rien vu, rien anticipé,a enterré tous les rapports», tacle un député. Proglio, lui, se lâche..., raconte avoir assisté «à la recherche pathétique d'un accord électoral avec un parti antinucléaire» (EELV) qui a conduit, pendant la campagne de 2012, «à la fermeture annoncée de 28 réacteurs». Seule la centrale de Fessenheim sera fermée. Il raconte comment «une théorie absurde» lui a été «imposée à l'époque par les pouvoirs publics: la théorie de la décroissance électrique. Il était de bon ton d'accepter l'idée de considérer que la consommation d'électricité allait diminuer en France», s'étonne-t-il, quand tous les indicateurs montraient précisément l'inverse. «N'importe quel artisan boulanger aurait eu plus de bon sens», attaque-t-il.

À la place, Henri Proglio a eu Jean-Marc Ayrault, ancien maire de Nantes et Premier ministre sous la présidence de François Hollande, qui s'était proclamé «chef de file de la filière nucléaire française. Il organisait des réunions à Matignon pour distribuer les rôles, comme Ubu roi!» Le détail de ces rencontres, organisées dans le huis clos du pouvoir, est confondant. «Il y avait onze ministres, onze directeurs de cabinet, vingt patrons de l'administration et les patrons d'Engie, d'Alstom, d'Areva et moi. Et le Premier ministre répartissait le développement du nouveau nucléaire à l'international! Un jour, le roi de Jordanie est venu à Paris, il voulait qu'on lui livre un réacteur de900mégawatts. Le Premier ministre dit: la Jordanie, c'est qui? Moi je dis: c'est Gérard [Mestrallet, président d'Engie, NDLR].» À Jean-Marc Ayrault qui s'étonne de ce «cadeau» consenti par EDF, Proglio fait remarquer, pince-sans-rire: «En Jordanie, il n'y a pas d'eau pour refroidir et pas d'argent pour payer, alors je préfère que ce soit Gérard.»

L'ignorance des données scientifiques et des enjeux industriels par la classe politique sourdde chaque intervention.«D'où vient l'objectif de réduire la part de nucléaire à 50% du mix électrique?» demande le président (LR) de la commission, Raphaël Schellenberger. «Pourquoi ce chiffre?» Réponse de Proglio, lapidaire: «C'est complètement au doigt mouillé. Totalement! Personne n'a jamais estimé autrement que comme ça. On n'a d'ailleurs jamais su d'où viendraient les autres 50%.» Des énergies renouvelables,peut-être? «Les Allemands ont investi plus de 500milliards dans les énergies renouvelables, on en voit l'efficacité.»

Quand Henri Proglio révèle le teneur d'une conversation qu'il aura, au cours de son mandat, avec la chancelière allemande Angela Merkel, certains députés regardent leurs chaussures. «Elle m'a dit qu'elle croyait totalement au nucléaire. Mais elle devait bâtir un accord de coalition avec les Verts conservateurs. Elle me l'a dit: elle a lâché le nucléaire pour des raisons politiques!»Et de conclure par ces propos amers, dans un silence presque gêné: «L'Allemagne est consciente de ses propres enjeux et de ses propres intérêts.» Contre «le sacrifice d'EDF», la France, elle, «n'a rien négocié»

mercredi 14 décembre 2022

Electricité, comment en est-on arrivé-là? Note d'actualité-Géopolitique de l'Electricité

 


 La situation française est particulièrement grave, les causes françaises et européennes se cumulant :

L’instauration de la concurrence en électricité: elle a fait de la Russie un fournisseur privilégié, défaillant aujourd’hui. Les producteurs européens, mis en concurrence, n’avaient pas le choix. Pour ne pas perdre de clients, ils étaient obligés d’acheter leurs combustibles où ils étaient les moins chers, en Russie. Par ailleurs au nom de la concurrence, la législation européenne actuelle sur la sécurité d’approvisionnement en électricité (Règlements UE 2019/941 et 943) met en garde contre toute mesure perturbant le marché, tel le financement public de capacités de réserves. La France, bon élève, a ainsi fermé 10GW de centrales de secours qui seraient bien utiles aujourd’hui. Enfin, pour doper la concurrence, une législation française (ARENH), s’est révélée « un poison » pour le principal producteur du pays, EDF, (dixit son ex-président), en l’obligeant à financer des concurrents factices.

La désindustrialisation : Si le parc nucléaire français affichait la même disponibilité (92%) que le parc américain, il produirait 20 à 25% de courant en plus. Notre faible disponibilité existe depuis longtemps mais elle s’accentue. La seule cause possible reste notre désindustrialisation car les réacteurs des deux parcs ont des tailles, des âges et une technologie proches. La moitié de nos entreprises industrielles, dont celles du nucléaire, ont disparu depuis la fin du programme historique, d’où une grave perte de compétences. Or les compétences  pour  la construction, les travaux de maintenance et la prolongation d’un parc nucléaire (grand carénage) sont similaires (ex.les soudeurs).

L’idéalisation des renouvelables: le stockage massif de l’électricité n’étant pas pour demain, les productions d’électricité solaire et éolienne dépendent d’aléas d’une Nature insensible à notre sécurité d’approvisionnement. L’idéalisation des renouvelables a fait oublier la nécessité d’une énergie pilotable non carbonée importante, qui ne peut être que l’atome, d’où des errements coûteux de la politique nucléaire et la décision d’arrêt de deux réacteurs en bon état (Fessenheim, 1,8 GW).

 La France est en grand danger de ne plus disposer d’électricité à  coût compétitif pour son économie, et aux prix acceptables par ses citoyens. A long terme, la solution est une renaissance d’EDF et un mix suffisant nucléaire-renouvelable. Mais à court terme ?

La sobriété certes...Mais si elle implique la fermeture de moyens de production, des boulangeries à la métallurgie en passant par William Saurin, elle devient mortifère. Aujourd’hui la priorité des priorités est d’éviter une nouvelle et gravissime désindustrialisation.

A court terme il faut  d’une part construire des centrales à gaz, seule production d’électricité  disponible rapidement (en achetant le gaz le moins cher possible par des contrats communs européens) et d’autre part repérer et  recouvrer rapidement les compétences industrielles, aujourd’hui déficientes, qui permettraient une meilleure disponibilité du nucléaire existant. Parallèlement les entreprises ayant des difficultés  pour payer leurs factures d’énergie doivent être aidées, comme en Allemagne et aux Etats Unis. Ces entorses à la concurrence ne provoquent pas trop de problèmes aux Etats Unis où une vingtaine d’Etats, pourtant adeptes de l’économie de marché, n’ont pas instauré de concurrence entre fournisseurs d’électricité.

 Adam Smith, père du libéralisme et apôtre de la concurrence préconisait un Etat puissant gardant sous sa coupe, hors marché, les activités indispensables à sa sécurité.

L’électricité est indispensable au fonctionnement et aux institutions d’une société digitale. Sa fourniture régulière, à un coût acceptable, relève dans nos pays modernes de la sécurité nationale, comme le prouve l’Ukraine en guerre. L’électricité est un bien public.

Lionel Taccoen Directeur Lettre « Géopolitique de l’Electricité »

Lionel Taccoen 

Directeur de la lettre « Géopolitique de l’Électricité »

Vous pouvez également trouver toutes nos études sur le site www.geopolitique-electricite.fr, Rubrique "Etudes".

mardi 13 décembre 2022

Promesse d'un avenir radieux?

 Dix pour cent  de la population malade du fait
de la présence d’éoliennes


C’est la conclusion d’une enquête effectuée par l’association SOS Danger éolien  dans le département de l’Aisne portant sur 359  malades situés dans un cercle de 30 km autour de Marle et concernant les villages de Thiernu, Machecourt, Le Hérie la Viéville, La Neuville Bosmont, Dizy le Gros, Montigny sous Marle, Autremencourt, Châtillon les Sons, la Ville aux Bois.        

Un communiqué de presse (Ci-joint) de l’association SOS Danger éolien a été publié le 30/11/2022.

Cette  enquête méticuleuse indique que les malades souffrent des troubles suivants : Insomnies,  Migraines, Acouphènes, Vertiges,  Bruit insupportable (nerfs), Saignements d'oreille,  Tachycardie, Hypertension, Circulation, Cancers, Troubles endocriniens.


Les conclusions  montrent  une  corrélation  entre ces maladies et la présence d’éoliennes dont l’effet dépend de l'exposition au vent portant, des puissances acoustiques émises (tant en moyennes qu'en crête et en modulation, de la durée d'exposition des habitants, des courants vagabonds, de la capacité vibratoire acoustique des domiciles, de la concentration d'éoliennes en MW/km2, de la nature géologique des terrains.      

QUELQUES EFFETS DES ÉOLIENNES SUR LES 359 PATIENTS

Nature

Nombre de patients

Pourcentage de cas dans l'étude

Ex : 199/359

Pourcentage de cas dans la population exposée

Ex : 199 x 6 / 25 000

Syndrome éolien




Insomnies

199

55%

4,8 %

Migraines

160

45%

3,8 %

Acouphènes

138

38%

3,3 %

Vertiges

91

25%

2,2 %

Bruit insupportable (nerfs)

49

14%

1,2 %

Saignements d'oreille

2



Cœur

99

28%

2,4 %

Tachycardie

36



Hypertension

14



Circulation

11



Troubles cardiaques

10



Cancers

84

23%

2,0 %

Troubles endocriniens

50

14%

1,2 %

TABLEAU DES VILLAGES LES PLUS ATTEINTS

Village

Nombre de malades

Population

Pourcentage

Thiernu

14

114

12,3 %

Machecourt

12

121

10,0 %

Le Hérie la Viéville

18

209

8,6 %

La Neuville Bosmont

15

187

8,0 %

Dizy le Gros

47

730

6,4 %

Montigny sous Marle

4

67

6,0 %

Autremencourt

10

173

5,8 %

Châtillon les Sons

4

84

5,0 %

La Ville aux Bois

10

198

5,0 %

dimanche 13 novembre 2022

Acht! Encore les Français

 

Allemagne : « Nous n’en sommes pas fiers, mais prolonger les centrales nucléaires était nécessaire »

interview Face à la crise énergétique, Berlin prolonge le fonctionnement des trois dernières centrales nucléaires du pays. Une décision qu’analyse Walter Glöckle, du ministère de l’Environnement de Baden-Württemberg

Propos recueillis par Manon Aublanc 09/11/22


Elle était prévue pour cette année, mais il faudra attendre encore quelques mois - peut-être même plus - pour assister à la sortie définitive du nucléaire en Allemagne. Mi-octobre, après plusieurs mois de tractation au sein de son gouvernement de coalition, le chancelier, Olaf Scholz, a annoncé le prolongement des trois dernières centrales du pays encore en activité jusqu’au 15 avril 2023. En toile de fond : la crise énergétique qui touche l’Europe.

Si la guerre en Ukraine est l’une des principales raisons avancées, la France - et la réduction de son parc nucléaire - est également responsable, selon Walter Glöckle, le chef du département nucléaire au ministère de l’environnement du Land de Baden-Württemberg. 20 Minutes est allé à la rencontre de cet expert dans les bureaux de son ministère, à Stuttgart.

Que pensez-vous de la décision du gouvernement allemand de prolonger le fonctionnement des trois dernières centrales nucléaires en activité ?

En tant que ministère « vert » de l’Environnement, nous ne sommes pas particulièrement fiers de cette décision. Mais il s’agit d’une situation particulière avec la guerre en Ukraine.

Cet été, les quatre gestionnaires du réseau allemand d’électricité - 50Herz Transmission, Amprion, TenneT TSO et TransnetBW - ont réalisé un « stress-test » pour assurer la stabilité du réseau pendant l’hiver 2022-2023 et déterminer les mesures à prendre afin d’éviter des situations de crise énergétique.



Même avec les hypothèses les plus sévères, il n’y aura pas de « black-out ». Ce qui peut arriver, en revanche, c’est une instabilité du réseau. C’est pourquoi le gouvernement fédéral a choisi de prolonger temporairement ces trois centrales. Nous avons donc soutenu cette position car elle était nécessaire.

La population comprend-elle cette décision ?

Les discussions autour du nucléaire font partie du débat public depuis très longtemps en Allemagne, avec beaucoup d’arguments pour et contre. Je pense que la population comprend que laisser trois centrales nucléaires fonctionner pendant trois mois ne serait pas si néfaste. Cependant, il est essentiel que nous restions sur la bonne voie pour sortir progressivement de cette énergie. Car la population allemande plaide pour accélérer le développement d’énergies renouvelables.

Elles pourront nous rendre plus indépendants des énergies fossiles. Installées en quantités suffisantes, elles sont principalement capables de couvrir les besoins de base. Autrement dit, elles sont notre meilleure option pour le futur.

Je pense vraiment qu’il s’agit d’une décision temporaire, qui doit durer jusqu’àu 15 avril 2023. En ce qui concerne l’hiver 2023-2024, nous avons plus de temps pour nous préparer et éviter, comme cette année, de prolonger des centrales. D’autant plus que le gouvernement fédéral a anticipé en lançant de nombreuses mesures. Dans certains cas, elles sont déjà mises en place.

L’Allemagne a par exemple décidé de construire un cinquième terminal flottant d’importation de gaz naturel liquéfié (GNL) dans le port de Wilhemshaven, sur la mer du Nord. Les réseaux électriques ont été renforcés pour augmenter leurs capacités de transport, et les centrales à charbon ont été prolongées jusqu’au printemps 2023.

Cette décision de prolonger trois centrales nucléaires a-t-elle été prise en raison de la crise énergétique ou à cause de la France ?

La possible instabilité sur les réseaux à laquelle on doit se préparer cet hiver est liée à plusieurs choses. Il y a la hausse des prix de l’électricité et du gaz liée à la guerre en Ukraine. On s’attend aussi à ce qu’il n’y ait pas suffisamment de production d’énergie en Europe occidentale cet hiver, notamment à cause la réduction du parc nucléaire français.

Selon les informations auxquelles nous avons eu accès, il y a plusieurs problèmes dans les centrales françaises. D’abord, de corrosion. Plusieurs cas de fissures ont été relevés dans les tuyaux, ce qui a entraîné l’arrêt de réacteurs. Ce sont des problèmes difficiles à détecter et à réparer. Les réacteurs concernés vont mettre du temps à être remis en service.

Deuxièmement, il y a eu la crise du coronavirus. Normalement, la France - et d’autres pays - profite de la période estivale, où il y a moins de demande en électricité, pour effectuer des opérations de maintenance ou de routine, comme le rechargement de combustible pour l’hiver. Mais avec le confinement, ces travaux ont pris du retard. Certaines centrales sont actuellement fermées pour effectuer des opérations qui auraient dû être faites avant.

La guerre en Ukraine a-t-elle rebattu les cartes sur l’énergie ?

Avant l’offensive russe en l’Ukraine, le secteur énergétique allemand était fortement dépendant des importations d’énergie en provenance de Russie - charbon, gaz naturel, pétrole brut. En raison d’embargos, de la réduction des livraisons ou de la destruction de pipelines, ces importations ont été réduites ou sont sur le point de l’être. Il a donc fallu que l’Allemagne trouve des solutions de remplacement pour ces ressources – dans le cas du gaz naturel, via d’autres pays comme la Norvège, ou sous forme de gaz naturel liquéfié. L’Allemagne a aussi réalisé d’importantes mesures d’économies d’énergie pour réduire la consommation des industries et des foyers.

Ce conflit a changé beaucoup de choses, mais l’importance de la sécurité de l’approvisionnement énergétique et la nécessité de la transition écologique ne sont pas nouvelles. Nous avons plutôt appris que les changements doivent arriver plus vite que prévu. C’est pour cette raison que le développement des énergies renouvelables doit être également plus rapide.

Doit-on craindre un incident nucléaire avec ce prolongement ?

Le nucléaire est une énergie à haut risque. Il y a peu de probabilité qu’un incident arrive, mais si c’est le cas, il peut être rapidement dramatique. C’est la raison pour laquelle l’Allemagne avait décidé, dès 2001, de progressivement mettre fin au nucléaire.

Depuis, les centrales ont fermé les unes après les autres. Il en reste seulement trois - Isar 2 en Bavière, Neckarwestheim en Bade-Wurtemberg et Emsland en Basse-Saxe - qui devaient être fermées d’ici à la fin 2022. Finalement, elles resteront en activité jusqu’au printemps. Les centrales étaient sûres jusqu’ici, il n’y a pas de raison qu’elles ne le soient pas trois mois de plus. En revanche, la sécurité reste un enjeu clé du nucléaire. Les exploitants devront fournir les preuves de sûreté nécessaires pour exploiter ces centrales.

La fin progressive des centrales nucléaires ne va-t-elle pas faire augmenter l’utilisation des centrales à charbon ?

Il est vrai que les centrales à charbon génèrent de fortes émissions de CO2. Comme pour le nucléaire, c’est une énergie qu’il faudra supprimer dès que possible. Leurs fermetures étaient prévues pour 2038, et le nouveau gouvernement a accepté d’avancer cette échéance à 2030 pour atteindre ses objectifs climatiques.

Mais la guerre en Ukraine a changé la situation, on a dû réouvrir certaines centrales à charbon pour garantir notre approvisionnement énergétique dans les mois à venir. Toutefois, j’ai bon espoir que l’Allemagne sorte progressivement du charbon et que le pays accélère le développement d’énergies renouvelables. Il nous faut un avenir vert et sans énergies fossiles.