jeudi 15 décembre 2022

Le grand déballage explosif de l’ancien patron d’EDF face aux députés


«Poison», politique «au doigt mouillé»... Devant la commission d’enquête sur la perted’indépendance énergétique du pays, Henri Proglio se lâche.

Géraldine WoessnerPublié le 14/12/2022 à 13h40

Il a dirigé l'entreprise de2009à 2014, à cet instant critique où la politique d'ouverture à la concurrence du marché de l'électricité, décidée par Bruxelles à la fin des années 1990, est pleinement entrée en application. Écarté de son poste par François Hollande au profit de Jean-Bernard Levy, alors jugé plus en phase avec les projets de décroissance nucléaire du gouvernement, Henri Proglio a lâché la bride devant les députés ce 13décembre, accusant ouvertement Bruxelles et «les gouvernements successifs» d'avoir délibérément saccagé, depuis 2010, le système électrique français.

Lorsqu'il prend la tête de l'entreprise publique «au début du XXIe siècle», raconte-t-il, «EDF est exportateur d'énergie, a les prix les moins chers d'Europe(deux fois et demie moins chers que l'Allemagne) et un contrat de service public qui fait référence dans le monde, et donne à la France un atout formidable en matière d'émissions de gaz à effet de serre. Il n'y avait plus qu'à tout détruire: c'est chose faite!»

L'«obsession allemande»: détruire EDF

Le ton est calme, accablé par le constat, mais les mots sont grinçants, et pendant près de deux heures, les balles sifflent. Contre l'Europe, d'abord, accusée d'avoir délibérément ruiné, sous la pression de l'Allemagne, le potentiel français. «L'Allemagne a choisi l'industrie comme axe majeur de son économie, puis a tenté l'energiewende [la transition énergétique allemande, axée sur la sortie du nucléaire et le développement des renouvelables, NDLR]. Cela s'est terminé par un désastre absolu, les énergéticiens allemands étaient ruinés, totalement vulnérables», détaille l'ancien patron d'EDF. «Comment voulez-vous que ce pays accepte que la France dispose d'un outil compétitif aussi puissant qu'EDF à sa porte? L'obsession allemande depuis trente ans, c'est la désintégration d'EDF. Ils ont réussi.»Avec la complicité de l'Europe, accuse-t-il, qui «a pris comme axe idéologique unique la concurrence»... Et celle des gouvernements français. Proglio cible les responsables politiques en rafale. La loi Nome, votée en 2010, qui imposait à EDF de subventionner ses concurrents en leur vendant à prix cassé un quart de son électricité? «Une mesure inique, destinée à casser EDF et prise sous la pression bruxello-allemande», dénonce-t-il. «Ça a très bien fonctionné, les concurrents d'EDF sont devenus riches.» Pas les Français: pour compenser les pertes, EDF a augmenté ses tarifs, révèle-t-il. Des propos qui font écho à ceux de son prédécesseur à la tête d'EDF (de2004à 2009) Pierre Gadonneix, auditionné une semaine plus tôt par la même commission, qui avait dénoncé «une monstruosité», en grande partie responsable de la lente dégradation d'un parc nucléaire français privé d'investissements, et de toute perspective.

Jean-Marc Ayrault dépeint en «Ubu roi»

À la tribune, les membres de la commission, qui ont entamé leurs travaux fin octobre, se lancent des regards en biais. «Ça tranche avec l'audition précédente», commente l'un d'eux, par SMS. Plus tôt dans la journée, les députés avaient en effet entendu Laurent Michel, directeur général de l'énergie et du climat au ministère de la Transition écologique, qui a répondu aux questions dans une solide langue de bois administrative. «Dix ans en poste: il n'a rien vu, rien anticipé,a enterré tous les rapports», tacle un député. Proglio, lui, se lâche..., raconte avoir assisté «à la recherche pathétique d'un accord électoral avec un parti antinucléaire» (EELV) qui a conduit, pendant la campagne de 2012, «à la fermeture annoncée de 28 réacteurs». Seule la centrale de Fessenheim sera fermée. Il raconte comment «une théorie absurde» lui a été «imposée à l'époque par les pouvoirs publics: la théorie de la décroissance électrique. Il était de bon ton d'accepter l'idée de considérer que la consommation d'électricité allait diminuer en France», s'étonne-t-il, quand tous les indicateurs montraient précisément l'inverse. «N'importe quel artisan boulanger aurait eu plus de bon sens», attaque-t-il.

À la place, Henri Proglio a eu Jean-Marc Ayrault, ancien maire de Nantes et Premier ministre sous la présidence de François Hollande, qui s'était proclamé «chef de file de la filière nucléaire française. Il organisait des réunions à Matignon pour distribuer les rôles, comme Ubu roi!» Le détail de ces rencontres, organisées dans le huis clos du pouvoir, est confondant. «Il y avait onze ministres, onze directeurs de cabinet, vingt patrons de l'administration et les patrons d'Engie, d'Alstom, d'Areva et moi. Et le Premier ministre répartissait le développement du nouveau nucléaire à l'international! Un jour, le roi de Jordanie est venu à Paris, il voulait qu'on lui livre un réacteur de900mégawatts. Le Premier ministre dit: la Jordanie, c'est qui? Moi je dis: c'est Gérard [Mestrallet, président d'Engie, NDLR].» À Jean-Marc Ayrault qui s'étonne de ce «cadeau» consenti par EDF, Proglio fait remarquer, pince-sans-rire: «En Jordanie, il n'y a pas d'eau pour refroidir et pas d'argent pour payer, alors je préfère que ce soit Gérard.»

L'ignorance des données scientifiques et des enjeux industriels par la classe politique sourdde chaque intervention.«D'où vient l'objectif de réduire la part de nucléaire à 50% du mix électrique?» demande le président (LR) de la commission, Raphaël Schellenberger. «Pourquoi ce chiffre?» Réponse de Proglio, lapidaire: «C'est complètement au doigt mouillé. Totalement! Personne n'a jamais estimé autrement que comme ça. On n'a d'ailleurs jamais su d'où viendraient les autres 50%.» Des énergies renouvelables,peut-être? «Les Allemands ont investi plus de 500milliards dans les énergies renouvelables, on en voit l'efficacité.»

Quand Henri Proglio révèle le teneur d'une conversation qu'il aura, au cours de son mandat, avec la chancelière allemande Angela Merkel, certains députés regardent leurs chaussures. «Elle m'a dit qu'elle croyait totalement au nucléaire. Mais elle devait bâtir un accord de coalition avec les Verts conservateurs. Elle me l'a dit: elle a lâché le nucléaire pour des raisons politiques!»Et de conclure par ces propos amers, dans un silence presque gêné: «L'Allemagne est consciente de ses propres enjeux et de ses propres intérêts.» Contre «le sacrifice d'EDF», la France, elle, «n'a rien négocié»

mercredi 14 décembre 2022

Electricité, comment en est-on arrivé-là? Note d'actualité-Géopolitique de l'Electricité

 


 La situation française est particulièrement grave, les causes françaises et européennes se cumulant :

L’instauration de la concurrence en électricité: elle a fait de la Russie un fournisseur privilégié, défaillant aujourd’hui. Les producteurs européens, mis en concurrence, n’avaient pas le choix. Pour ne pas perdre de clients, ils étaient obligés d’acheter leurs combustibles où ils étaient les moins chers, en Russie. Par ailleurs au nom de la concurrence, la législation européenne actuelle sur la sécurité d’approvisionnement en électricité (Règlements UE 2019/941 et 943) met en garde contre toute mesure perturbant le marché, tel le financement public de capacités de réserves. La France, bon élève, a ainsi fermé 10GW de centrales de secours qui seraient bien utiles aujourd’hui. Enfin, pour doper la concurrence, une législation française (ARENH), s’est révélée « un poison » pour le principal producteur du pays, EDF, (dixit son ex-président), en l’obligeant à financer des concurrents factices.

La désindustrialisation : Si le parc nucléaire français affichait la même disponibilité (92%) que le parc américain, il produirait 20 à 25% de courant en plus. Notre faible disponibilité existe depuis longtemps mais elle s’accentue. La seule cause possible reste notre désindustrialisation car les réacteurs des deux parcs ont des tailles, des âges et une technologie proches. La moitié de nos entreprises industrielles, dont celles du nucléaire, ont disparu depuis la fin du programme historique, d’où une grave perte de compétences. Or les compétences  pour  la construction, les travaux de maintenance et la prolongation d’un parc nucléaire (grand carénage) sont similaires (ex.les soudeurs).

L’idéalisation des renouvelables: le stockage massif de l’électricité n’étant pas pour demain, les productions d’électricité solaire et éolienne dépendent d’aléas d’une Nature insensible à notre sécurité d’approvisionnement. L’idéalisation des renouvelables a fait oublier la nécessité d’une énergie pilotable non carbonée importante, qui ne peut être que l’atome, d’où des errements coûteux de la politique nucléaire et la décision d’arrêt de deux réacteurs en bon état (Fessenheim, 1,8 GW).

 La France est en grand danger de ne plus disposer d’électricité à  coût compétitif pour son économie, et aux prix acceptables par ses citoyens. A long terme, la solution est une renaissance d’EDF et un mix suffisant nucléaire-renouvelable. Mais à court terme ?

La sobriété certes...Mais si elle implique la fermeture de moyens de production, des boulangeries à la métallurgie en passant par William Saurin, elle devient mortifère. Aujourd’hui la priorité des priorités est d’éviter une nouvelle et gravissime désindustrialisation.

A court terme il faut  d’une part construire des centrales à gaz, seule production d’électricité  disponible rapidement (en achetant le gaz le moins cher possible par des contrats communs européens) et d’autre part repérer et  recouvrer rapidement les compétences industrielles, aujourd’hui déficientes, qui permettraient une meilleure disponibilité du nucléaire existant. Parallèlement les entreprises ayant des difficultés  pour payer leurs factures d’énergie doivent être aidées, comme en Allemagne et aux Etats Unis. Ces entorses à la concurrence ne provoquent pas trop de problèmes aux Etats Unis où une vingtaine d’Etats, pourtant adeptes de l’économie de marché, n’ont pas instauré de concurrence entre fournisseurs d’électricité.

 Adam Smith, père du libéralisme et apôtre de la concurrence préconisait un Etat puissant gardant sous sa coupe, hors marché, les activités indispensables à sa sécurité.

L’électricité est indispensable au fonctionnement et aux institutions d’une société digitale. Sa fourniture régulière, à un coût acceptable, relève dans nos pays modernes de la sécurité nationale, comme le prouve l’Ukraine en guerre. L’électricité est un bien public.

Lionel Taccoen Directeur Lettre « Géopolitique de l’Electricité »

Lionel Taccoen 

Directeur de la lettre « Géopolitique de l’Électricité »

Vous pouvez également trouver toutes nos études sur le site www.geopolitique-electricite.fr, Rubrique "Etudes".

mardi 13 décembre 2022

Promesse d'un avenir radieux?

 Dix pour cent  de la population malade du fait
de la présence d’éoliennes


C’est la conclusion d’une enquête effectuée par l’association SOS Danger éolien  dans le département de l’Aisne portant sur 359  malades situés dans un cercle de 30 km autour de Marle et concernant les villages de Thiernu, Machecourt, Le Hérie la Viéville, La Neuville Bosmont, Dizy le Gros, Montigny sous Marle, Autremencourt, Châtillon les Sons, la Ville aux Bois.        

Un communiqué de presse (Ci-joint) de l’association SOS Danger éolien a été publié le 30/11/2022.

Cette  enquête méticuleuse indique que les malades souffrent des troubles suivants : Insomnies,  Migraines, Acouphènes, Vertiges,  Bruit insupportable (nerfs), Saignements d'oreille,  Tachycardie, Hypertension, Circulation, Cancers, Troubles endocriniens.


Les conclusions  montrent  une  corrélation  entre ces maladies et la présence d’éoliennes dont l’effet dépend de l'exposition au vent portant, des puissances acoustiques émises (tant en moyennes qu'en crête et en modulation, de la durée d'exposition des habitants, des courants vagabonds, de la capacité vibratoire acoustique des domiciles, de la concentration d'éoliennes en MW/km2, de la nature géologique des terrains.      

QUELQUES EFFETS DES ÉOLIENNES SUR LES 359 PATIENTS

Nature

Nombre de patients

Pourcentage de cas dans l'étude

Ex : 199/359

Pourcentage de cas dans la population exposée

Ex : 199 x 6 / 25 000

Syndrome éolien




Insomnies

199

55%

4,8 %

Migraines

160

45%

3,8 %

Acouphènes

138

38%

3,3 %

Vertiges

91

25%

2,2 %

Bruit insupportable (nerfs)

49

14%

1,2 %

Saignements d'oreille

2



Cœur

99

28%

2,4 %

Tachycardie

36



Hypertension

14



Circulation

11



Troubles cardiaques

10



Cancers

84

23%

2,0 %

Troubles endocriniens

50

14%

1,2 %

TABLEAU DES VILLAGES LES PLUS ATTEINTS

Village

Nombre de malades

Population

Pourcentage

Thiernu

14

114

12,3 %

Machecourt

12

121

10,0 %

Le Hérie la Viéville

18

209

8,6 %

La Neuville Bosmont

15

187

8,0 %

Dizy le Gros

47

730

6,4 %

Montigny sous Marle

4

67

6,0 %

Autremencourt

10

173

5,8 %

Châtillon les Sons

4

84

5,0 %

La Ville aux Bois

10

198

5,0 %

dimanche 13 novembre 2022

Acht! Encore les Français

 

Allemagne : « Nous n’en sommes pas fiers, mais prolonger les centrales nucléaires était nécessaire »

interview Face à la crise énergétique, Berlin prolonge le fonctionnement des trois dernières centrales nucléaires du pays. Une décision qu’analyse Walter Glöckle, du ministère de l’Environnement de Baden-Württemberg

Propos recueillis par Manon Aublanc 09/11/22


Elle était prévue pour cette année, mais il faudra attendre encore quelques mois - peut-être même plus - pour assister à la sortie définitive du nucléaire en Allemagne. Mi-octobre, après plusieurs mois de tractation au sein de son gouvernement de coalition, le chancelier, Olaf Scholz, a annoncé le prolongement des trois dernières centrales du pays encore en activité jusqu’au 15 avril 2023. En toile de fond : la crise énergétique qui touche l’Europe.

Si la guerre en Ukraine est l’une des principales raisons avancées, la France - et la réduction de son parc nucléaire - est également responsable, selon Walter Glöckle, le chef du département nucléaire au ministère de l’environnement du Land de Baden-Württemberg. 20 Minutes est allé à la rencontre de cet expert dans les bureaux de son ministère, à Stuttgart.

Que pensez-vous de la décision du gouvernement allemand de prolonger le fonctionnement des trois dernières centrales nucléaires en activité ?

En tant que ministère « vert » de l’Environnement, nous ne sommes pas particulièrement fiers de cette décision. Mais il s’agit d’une situation particulière avec la guerre en Ukraine.

Cet été, les quatre gestionnaires du réseau allemand d’électricité - 50Herz Transmission, Amprion, TenneT TSO et TransnetBW - ont réalisé un « stress-test » pour assurer la stabilité du réseau pendant l’hiver 2022-2023 et déterminer les mesures à prendre afin d’éviter des situations de crise énergétique.



Même avec les hypothèses les plus sévères, il n’y aura pas de « black-out ». Ce qui peut arriver, en revanche, c’est une instabilité du réseau. C’est pourquoi le gouvernement fédéral a choisi de prolonger temporairement ces trois centrales. Nous avons donc soutenu cette position car elle était nécessaire.

La population comprend-elle cette décision ?

Les discussions autour du nucléaire font partie du débat public depuis très longtemps en Allemagne, avec beaucoup d’arguments pour et contre. Je pense que la population comprend que laisser trois centrales nucléaires fonctionner pendant trois mois ne serait pas si néfaste. Cependant, il est essentiel que nous restions sur la bonne voie pour sortir progressivement de cette énergie. Car la population allemande plaide pour accélérer le développement d’énergies renouvelables.

Elles pourront nous rendre plus indépendants des énergies fossiles. Installées en quantités suffisantes, elles sont principalement capables de couvrir les besoins de base. Autrement dit, elles sont notre meilleure option pour le futur.

Je pense vraiment qu’il s’agit d’une décision temporaire, qui doit durer jusqu’àu 15 avril 2023. En ce qui concerne l’hiver 2023-2024, nous avons plus de temps pour nous préparer et éviter, comme cette année, de prolonger des centrales. D’autant plus que le gouvernement fédéral a anticipé en lançant de nombreuses mesures. Dans certains cas, elles sont déjà mises en place.

L’Allemagne a par exemple décidé de construire un cinquième terminal flottant d’importation de gaz naturel liquéfié (GNL) dans le port de Wilhemshaven, sur la mer du Nord. Les réseaux électriques ont été renforcés pour augmenter leurs capacités de transport, et les centrales à charbon ont été prolongées jusqu’au printemps 2023.

Cette décision de prolonger trois centrales nucléaires a-t-elle été prise en raison de la crise énergétique ou à cause de la France ?

La possible instabilité sur les réseaux à laquelle on doit se préparer cet hiver est liée à plusieurs choses. Il y a la hausse des prix de l’électricité et du gaz liée à la guerre en Ukraine. On s’attend aussi à ce qu’il n’y ait pas suffisamment de production d’énergie en Europe occidentale cet hiver, notamment à cause la réduction du parc nucléaire français.

Selon les informations auxquelles nous avons eu accès, il y a plusieurs problèmes dans les centrales françaises. D’abord, de corrosion. Plusieurs cas de fissures ont été relevés dans les tuyaux, ce qui a entraîné l’arrêt de réacteurs. Ce sont des problèmes difficiles à détecter et à réparer. Les réacteurs concernés vont mettre du temps à être remis en service.

Deuxièmement, il y a eu la crise du coronavirus. Normalement, la France - et d’autres pays - profite de la période estivale, où il y a moins de demande en électricité, pour effectuer des opérations de maintenance ou de routine, comme le rechargement de combustible pour l’hiver. Mais avec le confinement, ces travaux ont pris du retard. Certaines centrales sont actuellement fermées pour effectuer des opérations qui auraient dû être faites avant.

La guerre en Ukraine a-t-elle rebattu les cartes sur l’énergie ?

Avant l’offensive russe en l’Ukraine, le secteur énergétique allemand était fortement dépendant des importations d’énergie en provenance de Russie - charbon, gaz naturel, pétrole brut. En raison d’embargos, de la réduction des livraisons ou de la destruction de pipelines, ces importations ont été réduites ou sont sur le point de l’être. Il a donc fallu que l’Allemagne trouve des solutions de remplacement pour ces ressources – dans le cas du gaz naturel, via d’autres pays comme la Norvège, ou sous forme de gaz naturel liquéfié. L’Allemagne a aussi réalisé d’importantes mesures d’économies d’énergie pour réduire la consommation des industries et des foyers.

Ce conflit a changé beaucoup de choses, mais l’importance de la sécurité de l’approvisionnement énergétique et la nécessité de la transition écologique ne sont pas nouvelles. Nous avons plutôt appris que les changements doivent arriver plus vite que prévu. C’est pour cette raison que le développement des énergies renouvelables doit être également plus rapide.

Doit-on craindre un incident nucléaire avec ce prolongement ?

Le nucléaire est une énergie à haut risque. Il y a peu de probabilité qu’un incident arrive, mais si c’est le cas, il peut être rapidement dramatique. C’est la raison pour laquelle l’Allemagne avait décidé, dès 2001, de progressivement mettre fin au nucléaire.

Depuis, les centrales ont fermé les unes après les autres. Il en reste seulement trois - Isar 2 en Bavière, Neckarwestheim en Bade-Wurtemberg et Emsland en Basse-Saxe - qui devaient être fermées d’ici à la fin 2022. Finalement, elles resteront en activité jusqu’au printemps. Les centrales étaient sûres jusqu’ici, il n’y a pas de raison qu’elles ne le soient pas trois mois de plus. En revanche, la sécurité reste un enjeu clé du nucléaire. Les exploitants devront fournir les preuves de sûreté nécessaires pour exploiter ces centrales.

La fin progressive des centrales nucléaires ne va-t-elle pas faire augmenter l’utilisation des centrales à charbon ?

Il est vrai que les centrales à charbon génèrent de fortes émissions de CO2. Comme pour le nucléaire, c’est une énergie qu’il faudra supprimer dès que possible. Leurs fermetures étaient prévues pour 2038, et le nouveau gouvernement a accepté d’avancer cette échéance à 2030 pour atteindre ses objectifs climatiques.

Mais la guerre en Ukraine a changé la situation, on a dû réouvrir certaines centrales à charbon pour garantir notre approvisionnement énergétique dans les mois à venir. Toutefois, j’ai bon espoir que l’Allemagne sorte progressivement du charbon et que le pays accélère le développement d’énergies renouvelables. Il nous faut un avenir vert et sans énergies fossiles.